Job et Cosplay : le cosplayeur est-il l’ennemi du cosplayeur ?

Depuis plusieurs années les cosplayeurs européens regardent l’évolution du cosplay US d’un œil envieux et craintif à la fois. Là-bas, le cosplay est plus qu’un simple hobby, c’est un métier. Pourtant, avant de choisir «cosplayeur professionnel» comme plan de carrière il est bon de faire le point sur ce que cache vraiment ce métier de rêve.

Leon Chiro, italien aux tablettes de chocolats légendaires a véritablement lancé la mode des beaux gosses famous cosplayeurs.

Leon Chiro, italien aux tablettes de chocolats légendaires a véritablement lancé la mode des beaux gosses famous cosplayeurs. Auparavant le secteur était uniquement féminin.

Les fans costumés passent pour des commères : résultats des concours de cosplay, nouveau design de leur héros préféré ou évolution de leur hobby à travers le monde, tout est prétexte à des discussions sans fin. Pourtant loin de brasser du vent, ils se posent aujourd’hui des questions qui peuvent influer profondément sur leur vie professionnelle et personnelle.

Comment ta grand-mère a découvert le cosplay.

La cosplayeuse JoEllen Elam, nom de cosplay Lillyxandra, a lancé son business de création de cosplay sur-mesure suite à son succès sur internet. Depuis quelques années elle a développé sa marque en proposant des robes de mariées inspirées de personnages de la pop culture.

La cosplayeuse JoEllen Elam (Lillyxandra/Firefly Path) a lancé son business de création de cosplay sur-mesure suite à son succès sur internet. Depuis quelques années elle a développé sa marque en proposant des robes de mariées inspirées de personnages de la pop culture.

Venu des Etats-Unis, le cosplay est perçu pendant plusieurs décennies comme un «loisir de geeks» un peu «creepy» par les médias et le grand publique. En effet, ces adultes qui se déguisent en héros «de leur enfance» apparaissent comme un refus de se ranger dans les normes établies par la société : l’adulte travaille et l’enfant joue. Les dessins animés, les BD et les jeux vidéo font partie de l’univers de l’enfant, voir de l’adolescent un peu attardé. Par extension, le cosplay est réservé aux petits qui, en incarnant leurs héros favoris, transforment la fiction en réalité. Eux seuls sont assez naïfs pour croire que Captain America ou Candy existent vraiment car en grandissant ils feront la différence entre l’imaginaire et le réel et n’auront, de fait, plus de raisons de se déguiser.
Pourtant au fil des années les mentalités évoluent, influencées par ces enfants un peu différents, nourris aux cultures de l’imaginaire et pas du tout disposés à abandonner les oeuvres, les héros et les auteurs qui ont influencé leur passage à l’âge adulte. Cette génération de geeks devenus adultes vont eux aussi créer et diffuser du contenu culturel. Films, jeux vidéo, livres… Dans une société toujours plus friande de nouveautés les geeks introduisent le cosplay. Un loisir créatif qui séduit les plus bricoleurs en quête de challenge, rassure celles et ceux qui manquent de confiance en eux et crée de nouveaux modèles à suivre : les «famous cosplayers».

Je voudrais être cosplayeur pro mais ma mère me dit que ce n’est pas un métier.

Ces cosplayeurs stars sur internet posent pour des photographes professionnels, mettent à jour leurs réseaux sociaux, jouent aux jeux vidéo lors de «lives» auxquels leurs fans participent et son invités dans des conventions aux quatre coins du monde. Pour les cosplayeurs lambdas ces «professionnels» payés pour s’amuser représentent une élite qu’ils adorent détester. Les plus jeunes rêvent de leur ressembler et le métier que leurs idoles semblent exercer parait d’une facilité déconcertante. Pourtant, si on imagine trop souvent que le «métier de cosplayeur» c’est faire des costumes cool et les porter dans des conventions tous frais payés, la réalité est bien plus complexe qu’il n’y parait. Tous les cosplayeur connus sur internet pour avoir transformé leur passion en travail à plein temps ont un point commun : chacun apporte à son statut de cosplayeur une spécialité et c’est cette valeur ajouté qui le ou la fait sortir du lot.
Les spécialités des cosplayeurs pros sont variées : certains maitrisent l’art du maquillage et de la transformation physique à la perfection, d’autres atteignent un niveau professionnel dans la conception et la réalisation d’armes, armures et autres reproductions d’objets issus de jeux vidéo ou de comics. Les «props makers» (ou fabricants d’accessoires en français) les plus connus sont Volpin Props, un fan du jeu vidéo Bioshock devenu dealer de répliques d’armes pour les plus grands studios de Jeux vidéo et Punished Props qui présente dans des vidéos les techniques hallucinantes et inventives qui lui servent à la création d’armures. Certains cosplayeurs misent tout sur leur physique : sport intensif et séances photos les mettant en valeur, ils partagent leur quotidien et leurs astuces avec leur fans, l’italien Léon Chiro en est un parfait exemple. Quand un cosplayeur se démarque par la maitrise d’une ou plusieurs techniques de conceptions de costumes, il à la possibilité de partager son expertise  dans des livres ou e-livres vendus sur internet ou dans les salons. Kamui et Lightning Cosplay rentrent dans cette catégorie. Quelques cosplayeuses choisissent de faire de la couture leur métier premier et vont jusqu’à créer leur propre studio de création de costumes sur-mesure ou même de robes de mariées. C’est le cas de God Save The Queen Fashion et Firefly Path. Enfin, certains misent tout sur l’industrie du divertissement, ou l’entertainment comme disent les ricains. La troupe allemande Defcon Unlimited propose des animations clé en main : costumes de qualité professionnelle, création de décors… Mais aussi et surtout des shows de cascadeurs qui ont fait la renommé de cette équipe que l’on retrouve lors des plus gros évènements de jeux vidéo.

Punished Props a plus de 100 000 inscrits sur sa chaine youtube.

Punished Props a plus de 100 000 inscrits sur sa chaine youtube.

Ce qui me rend spécial n’est pas gratuit.

Maul Cosplay (Defcon Unlimited) envoi un message fort à la communauté européenne contre la non-rémunération des cosplayeurs

Maul Cosplay (Defcon Unlimited) envoi un message fort à la communauté européenne contre la non-rémunération des cosplayeurs

Ce qui empêche le cosplayeur de se vendre, une fois qu’il a trouvé ce talent qui le rend unique, c’est lui-même. Souvent les cosplayeurs acceptent de participer gratuitement à un évènement (sortie de film, animations…) parce qu’ils sont fiers de représenter une oeuvre ou une marque qu’ils apprécient. La pratique était encore acceptable (quoi que limite) il y a quelques années alors que le cosplay était un loisir confidentiel. Aujourd’hui il est devenu difficile de justifier le travail non-rémunéré d’un artiste pluridisciplinaire qui a l’avantage de proposer un «package» complet : création de la tenue, maquillage, coiffure (perruque) et animation. Autant de corps de métier regroupés en un seul individu est une véritable économie pour l’agence qui book une cosplayeuse pour animer sa soirée. Une aubaine qui décrédibilise d’autant plus les professionnels de l’évènementiel qui chipotent encore pour rémunérer les cosplayeurs. Mais ils ne sont pas les seuls à être en tort puisque les cosplayeurs eux-même ont créé cette situation et l’entretiennent encore, privant malheureusement tout le milieu d’une crédibilité et d’une reconnaissance nécessaire à son développement professionnel.
Etre fan est la base du cosplay dont l’enjeux ultime est de rendre hommage à une oeuvre, un personnage, à une culture. Pourtant c’est aussi le principal obstacle qui se dresse devant celles et ceux qui veulent en vivre. Il faut savoir garder un certain équilibre intérieur entre le soi fan et le soi qui accepte une mission professionnelle et doit donc se comporte en professionnel. Et qui dit professionnalisation dit rémunération.

1 Comment

  • Yuminekochan dit :

    Je suis d’accord que le cosplayeur est son propre ennemi. Parceque quand on est pro on ne peut pas faire des choses amateurs comme les concours mais il y a ceux qui veulent le beurre et l’argent du beurre être considéré comme pro et en même temps faire des concours pour tout le monde. Et c’est ça qui fait des problèmes parceque si on dit qu c’est pas juste on se fait incendier. Et là on sort l’excuse du non mais il y a pas de cosplayer pro. Et à la fin c’est quand ca arrange il y a des cosplayer pro et quand ca arrange pas non mais cosplayer pro ca existe pas. Tant qu’on aura pas fait une différence claire entre pro et amateurs il n’y aura jamais de solution. Si un pro c’est comme tu dis un cosplayer avec une spécialité et qui se fait rémunérer alors ca doit être comme au patinage artistique quand on deviens pro on ne participe plus aux compétitions amateurs et c’est tout. C’est seulement quand onaura fait ça ira un peu mieux.

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